Die-in anti deux roues motorises : Samedi 1er Octobre au salon international de la moto.
A l’occasion du « salon international de la Moto », la vélorution lance un appel à la mobilisation contre la multiplication des 2 roues motorisés en Ile-de-France. La vélorution mensuelle au départ à 14H00 de la place de Châtelet ira à destination du salon international de la Moto au parc des expositions de la Porte de Versailles. A 16h00, à l’entrée principale, la vélorution fera un Die-In de 15 minutes, symbole de la menace à court et long terme que représentent les deux roues motorisés.
Obsession de la vitesse
"Toujours plus vite" semble être la motivation première pour l’achat d’un deux roues motorisés à Paris. En 2004, plus de la moitié des accidents à Paris impliquent un scooter ou une moto alors que ceux-ci ne représentent que 10% du trafic. L’obsession de la vitesse fait des scooters et des motos des véhicules particulièrement dangereux pour eux et les autres. Surs d’eux les 2 roues motorisés envahissent couloirs de Bus, pistes cyclables et trottoirs, décourageant ainsi ceux qui voudraient s’essayer à des « circulations douces ».
« un deux roues motorisé = 1 demi 4x4 »
Si les motos et les scooters émettent à peine moins de CO2 que les voitures, les deux-roues émettent beaucoup d’autres polluants (type CO ou NO) en beaucoup plus fort quantité que les voitures ( Chiffre ADEME) . En matière de pollution globale, on peut même dire qu’ "un 2 roues motorisé = 1 demi 4x4".
Véhicules surpuissants
Le titre du rapport de l’Ademe est éloquant : "Cyclomoteurs et motocycles, des rejets de polluants en baisse, désormais proche de ceux des voitures". Progrès il y a certes, mais on revient de très loin, il n’y a pas encore lieu d’affirmer "les deux roues ne polluent plus" !! Les 2 roues motorisés restent très inefficaces comparés au voitures. Et l’Ademe de conclure "Compte tenu de la masse limitée des motocycles [...] on est en droit d’espérer des progrès signicatifs sur [le plan des émissions]". Un effort particulier à faire en direction des constructeurs donc. Aujourd’hui contrairement à l’automobile, les constructeurs de motos et scooters ne sont pas tenus d’informer sur les niveaux d’émission de ces véhicules. Pas étonnant qu’ils ne se battent pas pour concevoir des véhicules moins nocifs dans ce cas.
Pourquoi les deux roues motorisés sont-ils si polluants ? La moto la plus vendue en 2004, la Yamaha F76, permet d’aller à 230 km/h, est plus puissante qu’une version classique d’une Clio et consomme 6,8 l/100 km. Il convient de se demander si ces véhicules ne sont pas surpuissants pour un usage urbain. Encore l’obsession de la vitesse, sans doute.
Multiplication des petits trajets
Par ailleurs, des études manquent aujourd’hui sur le type de trajets effectués sur les deux roues motorisés dans Paris. Mais une enquête auprès de quelques amateurs de scooters et de motos montre ces engins réhabilitent le "petit trajet" de l’ordre du kilomètre pour lesquels les parisiens ne prennent plus leur voiture, trop compliquée à garer. En créant ainsi de "nouvelles opportunités de déplacements motorisé" on augmente d’autant la pollution.
Enfin, il ne faut pas oublier la pollution sonore, l’Ademe notant prudemment "il convient de noter que [...] les deux-roues motorisés possèdent une part de responsabilité significative en matière de bruit, tout particulièrement en milieu urbain".
Colonisation de l’espace publique
Bruit, danger, pollution, les scooters et motos engendrent en ville les mêmes maux que les voitures. Philosophiquement il n’y a pas de différence entre les deux moyens de transport : ce sont des moyens de transport individuel à moteur à explosion, point. Le deux roues motorisés n’est donc pas une solution à la voiture mais son alter-égo. Pire, la où les citoyens avait reussi à se reapproprier l’espace auparavant envahis par les voitures, les 2 RM l’ont de nouveau colonisé : les trottoirs élargis, les parvis des gares, les places publiques sont recouvertes de scooters et motos, au mépris des lois et des autres. Cette colonisation de l’espace publique pose la question de notre rapport à la vitesse, à la dictature de la fluidité dont le règne des deux roues est le révélateur.
Très largement impliqués dans les accidents à Paris, accaparant littéralement l’espace public et fortement polluants, les motos et les scooters sont une vraie menace pour l’environnement parisien. Il est urgent d’agir ! Vélorution lance un appel au Die-In devant le salon de la moto, Samedi 1er Octobre à 16h00, au Parc des expos , Pte de Versailles. Départ à 14h00 de la place du Châtelet. Téléchargez le tract pour l’appel au Die-in.
