Admin ]
Nous sommes le  lundi 13 octobre 2008
Vous êtes ici : Accueil  / Dossiers  /  Urbanisme et transports
rapport CNT : une voirie pour tous
mardi 12 septembre 2006

Le rapport du CNT ( Conseil National des Transports ), publié le 30 Juin 2005, montre a quel point les services du l’Etat sont très lucides sur la problématique de la "voirie pour tous". Les solutions préconisées par le CNT sont souvent vélorutionnaires !

Le rapport "une voirie pour tous" s’interesse en premier lieu au partage de la voirie "Les politiques établies par les pouvoirs publics doivent tendre à rendre la ville, donc l’espace public, accessible à tous et d’abord aux personnes à mobilité réduite, à garantir les trajets les plus courts et les plus sûrs aux modes non motorisés, notamment aux carrefours, et à assurer aux personnes sans voiture une offre de déplacement de qualité." S’ensuit ainsi 150 recommendations, sur le stationnement, les transports en commun, les cyclistes...dont quelques unes sont recopiées ci-dessous pour l’exemple. Les élus sont donc bien conseillés, alors Action !

Quelques unes des 150 recommendations :
-  Abaisser les pointes de vitesses. Réduire la vitesse excessive là où, pour un gain de temps douteux et en toute hypothèse très marginal, elle empêche le développement de la vie locale.
-  Etendre largement le système des Zones à Trafic Limité. Instituer éventuellement des Zones 30 à Trafic Limité pour les deux-roues et les véhicules les plus agressifs, les plus rapides et les plus polluants.
-  Mettre en chantier un code de la rue enrichi des expériences de nos voisins européens.
-  Accroître la répression envers les deux-roues motorisés en infraction (stationnement, vitesse, circulation sur des espaces non autorisés, etc.). Développer les fourrières à deuxroues motorisés.
-  Considérer l’arrêt et le stationnement sur les aménagements cyclables et les trottoirs comme un stationnement dangereux, le stationnement des deux-roues motorisés sur trottoir comme dangereux vis-à-vis des Personnes à Mobilité Réduite, devant tous deux être punis d’une contravention de 4ème classe avec possibilité de mise en fourrière.
-  Différentier les cyclistes et les automobilistes pour l’application des sanctions relatives aux infractions au Code de la Route.
-  Renforcer la sensibilisation des professionnels (auto-écoles notamment) à la prise en compte des aménagements en faveur des cyclistes.
-  Mieux utiliser la politique du stationnement : taxer les parkings des bureaux, des supermarchés et centres commerciaux ; augmenter le prix du stationnement dans les parcs publics et sur la voirie ; limiter la durée du stationnement ; rendre les tarifs de stationnement très progressifs ; donner la possibilité à l’autorité organisatrice des transports urbains de fixer les tarifs (ou au moins d’être consultée) ; généraliser le stationnement payant pour les deux-roues motorisés.
-  Ne pas prendre de décisions annihilant les efforts d’investissement dans les transports publics, par exemple par le développement de nouvelles voiries, de nouveaux parkings en centre ville, ... Lutter contre les idées reçues et les idées simplistes (du type "No parking, no business").
-  Assurer la maîtrise des temps de déplacement au lieu de vouloir augmenter les vitesses.
-  Abaisser les pointes de vitesses. Réduire la vitesse excessive là où, pour un gain de temps douteux et en toute hypothèse très marginal, elle empêche le développement de la vie locale.
-  Banaliser davantage les espaces publics affectés à des usages variables selon le moment. Allier efficacité et variabilité dans le temps par des aménagements simples permettant la polyvalence et le partage mobile des voies.
-  Garantir les trajets les plus courts et les plus sûrs aux modes non motorisés, et non pas aux modes motorisés. Appliquer ce principe tout particulièrement aux carrefours.
-  Assurer en priorité la protection des piétons, des cyclistes et des utilisateurs de modes de déplacement non motorisés vis-à-vis des motos, scooters et autres deux-roues motorisés rapides.

Le constat du CNT et clair :
"Les incertitudes et interrogations sur les technologies permettent de penser qu’il n’y aura pas de miracle technologique et qu’il sera nécessaire de combiner innovations technologiques et innovations organisationnelles, ces dernières impliquant des changements de comportement en matière de mobilité [..]. La maîtrise de la mobilité ne pourra donc passer que par des mesures énergiques nécessitant de taxer les déplacements automobiles individuels, résoudre les problèmes de transports intra-périurbains, soutenir les transports en commun par des subventions à l’exploitation, mettre en place des autorisations de circuler, et, surtout, de sortir du champ strict des transports pour intervenir sur l’aménagement urbain, réduire la dispersion de l’habitat, briser la dépendance et la captivité de catégories entières de population vis-à-vis de l’automobile, rapatrier le commerce en milieu aggloméré, réorganiser les systèmes de production et de consommation ainsi que les moyens d’accès des personnes aux services. [...] Mais, même si le contexte international, européen, économique, et libéral n’est pas favorable, il faut être conscient que seuls une autre organisation de la société civile et d’autres types de comportements sont le prix à payer pour échapper au scénario de l’inacceptable"

Ouah !! Espérons que ce rapport sera lu et appliqué, pour le lire en entier, voir sur le site du CNT (http://www.cnt.fr)

voir aussi ...