Tout d’abord une petite constatation : l’affluence était en baisse, nous étions un peu moins d’une centaine de personnes. La faute à qui, à quoi ? Plusieurs explications possibles : Le Tour, ça ne se critique pas ? Beaucoup trop de fêtes d’écoles ou d’associations au mois de juin ? La chaleur et ses conséquences ? Ce pourrait bien être cela. Pollution et chaleur ne font pas bon ménage. Face au soleil et aux gaz d’échappement que nous cyclistes du quotidien sommes obligés de subir, certains d’entre-nous ont peut-être préféré rester au frais... Nous ne saurons jamais mais là n’est pas l’important !
Pour cette saison, la vélorution était à l’envers du Tour... Après un petit rappel de nos revendications, place à notre prologue. Le départ est donné à 14 h 30. Notre peloton s’écoule doucement sur les boulevards Ohmacht puis Preiss. Nous apprécions le nouveau revêtement rénové pour l’occasion, non pas, bien entendu, de la vélorution mais bien du Tour de France. Les bagnoles apprécieront quand les coureurs du Tour seront partis...
Avenue de la Forêt noire, nous stoppons au bout d’une belle piste cyclable qui s’arrête brutalement sur un passage piéton, pour la lecture d’un texte d’un vélorutionnaire strasbourgeois : « Ici comme ailleurs les pistes cyclables se terminent quelques fois n’importe comment... » La police est là pour notre sécurité... et elle dévie les voitures pour leur éviter d’être bloquées quelques minutes par notre rassemblement. No comment !
Nous repartons direction la piste cyclable du quai des Belges, endroit idéal pour une course de lenteur. Dix coureurs, un seul objectif : prendre le plus de temps pour franchir la ligne d’arrivée sans poser le pied au sol. Et c’est parti, la foule au bord de la piste acclame et encourage les coureurs : « Allez, t’es le plus lent ! » ; « Encore un effort, tu peux perdre » ; « Ralentis ! Ralentis ! » Rapidement, notre coureur égaré du Tour — qui poursuit inlassablement le billet de banque qui pend devant son nez depuis une tige accrocheé dans son dos — ne peut se retenir et franchit la ligne. Pendant ce temps, deux cyclistes se détachent à l’arrière du peloton : ils n’avancent presque plus. Pour faire passer le temps, un poête vélorutionnaire nous lit un de ses textes « Tour de farce ». Nous devons avancer la ligne d’arrivée pour ne pas passer tout le week-end ici. Finalement, un des deux comcurrents pose le pied à terre : nous avons notre dernier, bravo l’artiste ! Mais dans la foule, des bruits courent... il se serait dopé ! Certains parlent même de dopage génétique : il aurait des gênes de tortue.
Nous poursuivons notre chemin, ponctué de slogans vélorutionnaires et autres réflexions cyclisto-urbano-convivio-climatiques, et passons près du parc de l’Orangerie : beaucoup trop de voitures sur les abords. Ne pourrait-on pas laisser sa bagnole au garage pour venir au parc ? Enfin nous attaquons le final, les grands boulevards et les quais de l’Ill, près du centre-ville, tous sans piste cyclable, direction la fête de l’Ile Gutenberg où nous attendent les ORNIs (objets roulants non identifiés)...
















