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Vélorution et le projet de vélos en libre-service à Paris
jeudi 9 novembre 2006

Le document complet ci-joint exprime l’ensemble de nos positions sur le projet de vélos en libre-service à Paris.

Extraits et mises-àjour :

Appel à la création d’un véritable service public de transports à vélo

Prenons du recul face aux déboires de la Ville de Paris avec JCDecaux et Clear Channel. Rappellons que l’objectif est de diminuer la place de la voiture en ville en offrant un service de vélo à la demande et que la publicité est une pollution urbaine qu’il faut également réduire.

Vélos JCDecaux, c’est pas un cadeau

Parce qu’ils font partie de la fourniture JCDecaux, la mise à disposition des vélos est réputée gratuite pour la communauté. C’est bien sûr faux, les coûts supportés par JCDecaux sont payés, soit en perte de revenus pour la Mairie de Paris, soit en perte de mobilier, soit en vente d’espace publicitaire avec toujours plus de publicités déroulantes et illuminées. Ne nous trompons pas, la baisse de 20% d’espace publicitaire sera largement anéantie par la plus grande intrusion des espaces restants (panneaux lumineux, animés, sonores etc.)

Le coût des vélos

Les vélos JCDecaux ont bel et bien un coût. En l’incluant dans la fourniture Decaux, ce coût est "caché", mais il reste bel et bien supporté par la collectivité, sous forme de "manque à gagner" sur des recettes de panneaux publicitaires. La grande majorité des Parisiens et des Parisiennes souhaite des vélos en libre-service, qui leur permettraient d’utiliser de façon souple le vélo, de diminuer la pollution par un report modal, d’offrir un meilleur accueil les personnes visitent Paris. La grande majorité des Parisiens et des Parisiennes comprend qu’un tel service a un coût et est certainement prête à l’accepter. Alors, pourquoi se cacher ?

Expertise de JCDecaux ?

Gérer un parc de 20 000 vélos ne s’improvise certainement pas, et avoir une expérience de ce service donne certainement à JCDecaux et consort un argument de poids. Mais rappelons que JCDecaux a mis à l’origine 18 mois pour passer de l’idée à la réalisation, et on ne voit pas pourquoi les services techniques de la ville de Paris ne feraient pas aussi bien. Il faut juste se donner un peu de temps, mais à vélo on comprend que la vitesse de pointe n’a pas toujours beaucoup à voir avec la qualité du trajet.

Service public du vélo

Dès l’appel d’offres pour la « Mise en place d’une flotte de vélos à destination du public et de mobiliers urbains d’information à caractère général ou local et accessoirement publicitaire », en février 2006, Vélorution avait regretté que ce projet ne soit pas l’occasion de création d’emplois en économie solidaire avec un tissu dense de services, dans une vraie logique de développement durable.

Les déboires de la Ville de Paris avec JCDecaux et Clear Channel mettent à mal l’idée que l’économie de marché sera plus efficace que le service public par le jeu de la concurrence vertueuse entre les différents acteurs. D’une part, les recours de JCDecaux et Clear Channel font prendre du retard au projet, d’autre part l’argent soit disant économisée va vite partir en fumée pour armer les bataillons de juristes de chaque camp. Par ailleurs le potentiel rachat de Clear Channel par JCDecaux risque bien de nous mener à un monopole privé.

La Ville de Paris, elle, est prise dans une course de vitesse pour la réalisation d’un beau projet avant les prochaines échéances électorales.

Vélorution soutien un projet de vélos en libre-service en région parisienne, mais faut-il y arriver à n’importe quel prix ?

Ne pas perdre les objectifs de vue

Pour Vélorution, il ne faut pas que l’imbroglio juridique annoncé fasse perdre de vue les objectifs, lié à la mise à disposition d’un système :

-  performant, sûr et pérenne,
-  dont le bilan écologique soit globalement optimal,
-  qui ne génére pas de pollution publicitaire supplémentaire,
-  garantissant le respect des libertés individuelles (limitation du système électronique des vélos au strict minimum)
-  auquel tous et toutes, quelque soit son âge ou sa situation sociale, aient accès.

Nos objectifs sont d’augmenter la pratique du vélo pour les déplacements quotidiens et faire reculer de façon significative la place de la voiture en Île-de-France, mais pas n’importe comment : nous appelons à la création d’un vrai service public de transport à vélo.

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