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"Le Parisien", lundi 10 janvier 2005
Les cyclistes en colère interdits de défilé
mercredi 2 février 2005
« RIDICULE ou inquiétant ? La première des manifs mensuelles antibagnole de 2005 a été empêchée par la préfecture de police bien que ses services l’aient autorisée la veille. » Les cyclistes de Vélorution sont outrés. Samedi après-midi, ils ont dû interrompre leur manifestation à mi-parcours, la police leur ayant demandé de se rabattre sur les couloirs de bus et les trottoirs.

« On manifeste justement pour qu’on puisse respirer en ville, avec notamment plus de transports en commun, et on nous envoie manifester là où ça bloque les bus ! » s’emporte l’un des animateurs de la manifestation. « Ils bloquaient la circulation un samedi après-midi ! » Rendez-vous était fixé comme chaque mois à 14 heures au Châtelet : une cinquantaine de personnes sont venues, malgré la fraîcheur hivernale. « Il y avait un groupe de musiciens brésiliens, bref une ambiance festive », raconte Stéphane. Comme chaque fois, le parcours de la manifestation avait été déposé en préfecture : il devait se diriger vers la gare Saint-Lazare pour y réclamer - entre autres bonnes résolutions pour 2005 - des parkings à vélos.

« Comme chaque fois, au terme de négociations, les participants prennent des engagements, en l’occurrence de ne pas entraver la circulation », précise la préfecture de police, qui conteste formellement que sa position ait changé avec l’arrivée d’un nouveau préfet, comme l’en accuse Vélorution. « Les manifestants se sont arrêtés et bloquaient le boulevard de Sébastopol. Un samedi après-midi, c’est inconcevable. Il leur a été demandé de se rabattre sur les couloirs de bus et les trottoirs. »

« Pendant un an et demi, on a pourtant toujours manifesté en empruntant la chaussée, rappelle de son côté Stéphane. On était encadrés par des policiers à vélo. Et la déclaration de manif comportait déjà la même référence au respect du Code de la route, visiblement interprétée avec plus de souplesse. » Après une deuxième tentative de reprendre possession de la chaussée, boulevard Bonne-Nouvelle, à nouveau repoussés, les manifestants, qui y ont vu une entrave au droit de manifestation, ont préféré mettre fin à leur sortie mensuelle.

C.P.

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