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Violences routières à Paris : menons plutôt une campagne positive
mercredi 28 mars 2007

Faire de Paris en son entier une zone 30 est une revendication majeure pour Vélorution. En septembre 2005, c’était d’ailleurs le thème de la vélorution mensuelle et d’une lettre ouverte, adressée principalement aux élus.

En mars 2007, la Ville de Paris a mené une campagne de prévention routière que Vélorution et d’autres associations cyclistes ont vivement critiquée (voir ci-dessous). Plutôt que de lancer une contre-campagne de dénonciation, il a semblé plus intéressant de réfléchir à la campagne qu’il aurait fallu mener, et de trouver des partenaires pour lui donner plus de poids.

La mesure « Paris zone 30 » est essentielle et simple. Elle a aussi de nombreux effets secondaires bénéfiques, et c’est une solution éprouvée.

Retour critique de Vélorution sur la campagne menée par la Ville de Paris en mars 2007

En mars 2007, la ville de Paris lançait une campagne de prévention routière « Aujourd’hui, Paris dit stop - En 2006, les comportements dangereux ont fait 64 morts et plus de 9000 blessés ». Avec entre autres des « totems » sur la rue de Rivoli :
-  « Sophie, 24 ans, allait en cours. Elle a grillé un feu rouge en vélo. »
-  « Philippe, 42 ans, était en retard. Il a roulé trop vite en scooter. »
-  « Julien, 34 ans, sortait du cinéma. Il a traversé hors des clous. »
-  « Isabelle, 52 ans, rentrait chez elle. Un automobiliste trop pressé l’a renversée. »

À travers cette campagne, que semble nous dire la Ville de Paris ? Elle nous dit que Sophie, Philippe et Julien ont commis une infraction et sont donc morts par leur faute (tant pis pour eux ?). Isabelle, quant à elle, n’a pas commis d’erreur, elle a juste été tuée. Mais la juxtaposition n’amène-t-elle pas à penser qu’elle y serait malgré tout pour quelque chose ?

Sur le site internet de la ville, un jeu en ligne (note : le jeu a été retiré du site, voir une copie presque complète ici) s’adressant aux cyclistes, motards et automobilistes.

En proposant ce jeu, que semble nous dire la Ville de Paris ? Elle explique aux cyclistes qu’ils ont des comportements dangereux, mais explique aux automobilistes que lorsqu’il y a un carambolage entre trois voitures, c’est par la faute d’un piéton inconscient (dans cette copie du jeu, les n°1-2-4 sont des automobilistes qui ont provoqué un carambolage pour éviter le n°3 - c’est ce dernier le coupable que le jeu destiné aux automobilistes nous invite à découvrir).

Les automobilistes sont curieusement absents de ces jeux, ou bien présentés comme victimes de dangereux cyclistes ou piétons.

Faisant suite à une suggestion de Vélorution, ce jeu a été retiré du site de la Mairie.

Menons une campagne positive

Dans la campagne de la Ville de Paris, les véritables auteurs de la violence routière ne sont pas mis en cause. Les concepteurs et promoteurs de la campagne « Paris dit STOP aux comportements dangereux » se font ainsi indirectement les défenseurs de cette violence, et stigmatisent les usagers les plus fragiles au lieu d’avoir le courage de s’en prendre à la racine du mal.

La violence routière est d’abord le fait des automobilistes. Mais nous ne suggérons pas une campagne les stigmatisant à leur tour. Nous voulons des actes, pas de la comm’. Avant de s’attaquer aux personnes, quelles qu’elles soient, éliminons tous ensemble les causes structurelles des accidents de la rue.

Sauvons Sophie, Philippe, Julien et Isabelle, faisons de Paris dans son entier une zone 30, et nous verrons le nombre de tués et de personnes hospitalisées diminuer, la pratique du vélo utilitaire augmenter. Moins de morts, moins de blessés, moins de pollution.

Peut-être même les n°1, n°2 et n°4 seront-ils heureux de vivre dans un Paris zone 30.

P.S. : la Mairie de Paris tente de justifier cette campagne avec un sondage...
Stigmatiser un groupe en le caricaturant, puis dénoncer publiquement et hors contexte ses comportements les plus visibles mais pas forcément les plus problématiques, réprimer ensuite ostensiblement ce groupe et, enfin, justifier son action par l’approbation "populaire" des sondages : la machine à démagogie fonctionne décidement à plein régime !

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