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La vélorution invisible

Voyants, mal-voyants ou non-voyants, contre les bagnoles, les motos, la pollution, et pour une ville non-violente

Cet article est une réflexion en cours sur la relation entre Vélorution et les personnes mal/non voyantes.

Pour réagir : jexOm@velOrutiOn.Org.

Le sujet peut être abordé de plusieurs manières, aussi cet article est-il un peu "exploratoire".

Vélorution

Tout d’abord, quelques explications sur qui nous sommes. Vélorution milite pour la place du vélo en ville, au carrefour de plusieurs préoccupations. Pour faire vite :
-  développement du vélo comme moyen de transport quotidien
-  récupération de l’espace volé par la voiture et de l’espace public d’une manière générale
-  respect mutuel au sein d’une "échelle de la fragilité", qui devrait se matérialiser par un "code de la rue", inexistant jusqu’à présent
-  limitation générale des transports polluants (auto/moto)
-  limitation de l’emprise des transports sur notre vie quotidienne (relocalisation de la vie)
-  promotion d’une sobriété énergétique et dénonciation des fausses bonnes solutions (agro-carburants, nucléaire).

Aussi Vélorution se trouve en lien avec plusieurs partenaires :
-  d’autres associations cyclistes (exemple : amélioration des aménagements cyclables ou de la place faire au vélo d’une manière générale)
-  d’autres catégories d’usagers (exemple : les piétons)
-  des environnementalistes (exemples : lutte contre l’effet de serre, sortie du nucléaire)
-  des antipubs (exemples : lutte contre la F1, la publicité pour les voitures, ou tout simplement l’espace public volé par la publicité).

Avec les mal/non-voyants

Revenons aux mal/non-voyant-e-s... Leurs liens avec le monde du vélo sont principalement :
-  la pratique d’un sport
-  la balade, le tandem avec un voyant aux commandes étant la solution la plus évidente.

À noter qu’une initiative comme celle de Retina France associe le vélo (tandem) à une revendication spécifique : il s’agit de faire parler d’une cause (lutte contre des maladies invalidantes) à travers une longue randonnée en tandem.

Une relation possible évidente entre Vélorution et les personnes mal/non voyantes semble donc être une aide de la part de voyants vélorutionnaires qui pourraient piloter des tandems pour "faire faire" du vélo à des mal/non-voyant-e-s. Ce "service" serait d’ailleurs utile, car il ne semble pas y avoir beaucoup d’associations qui le proposent ; à Paris, en tout cas, nous n’en avons pas trouvé. Et il est certain que des valeurs d’entraide, de convivialité, peut-être - on peut l’espérer - d’aide dans la recherche d’autonomie pratique, sont importantes.

Peut-on aller plus loin ? La question se pose, car s’en tenir à ce "service" pose certainement plusieurs problèmes, notamment car nous ne voulons pas juste être de "gentils gens normaux" qui rendons service à des "aveugles", et cette approche ne prend pas en compte toutes les dimensions de ce qu’est Vélorution. En particulier aussi parce que pour nous le vélo n’est pas un sport (et d’ailleurs le sport, la compétition, les JO et tout, ce n’est pas forcément notre truc :-), mais un moyen de déplacement... qui fait du bien à la santé, certes.

Et une personne mal/non-voyante peut très bien avoir envie de militer contre la place faite aux voitures en ville, contre la pollution, contre le réchauffement climatique, pour une ville conviviale. Cette personne peut aussi partager un certain nombre de nos valeurs en recherchant :
-  autonomie
-  équité
-  convivialité.

Militer ensemble

La question devient alors : comment militer ensemble, sur les mêmes thèmes, en cherchant ensemble à surmonter le fait qu’il se trouve qu’un copain ou une copine militante ne voie pas suffisamment pour faire du vélo ? C’est-à-dire, comment agir, nous transformer, pour simplement considérer qu’une certaine personne n’est pas d’abord mal/non-voyante avec une "envie" de faire du vélo, mais peut également être une militante à égalité.

Ces considérations ne doivent cependant pas faire oublier qu’une personne mal/non-voyante peut avoir des difficultés réelles à conquérir son autonomie pratique et rompre une certaine forme d’isolement. Et que la notion de "service" mentionnée plus haut n’est pas à rejeter en bloc. Mais simplement, participer à une vélorution en tandem, c’est un peu plus "engageant" que simplement faire une balade à vélo...

Pour finir... temporairement

Cet article se veut donc une réflexion sur la recherche de dépassement du "service" vers une ouverture réelle permettant à des militants vélorutionnaires non/mal-voyants de nous rejoindre, tout en ne nous cachant pas la réalité des difficultés du handicap.

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