Ça déraille (Est républicain dimanche 23/09)
Attention, l’utilisation prolongée du deux-roues peut créer une accoutumance... Pour sa vingt et unième édition en trois ans, la Vélorution a choisi d’interpeller les administrations publiques nancéiennes. Ambiance de tour de France hier place Thiers. Chants, cornes de brume, concert de sonnettes avant de donner le premier coup de pédalier, d’une course revendicative à travers les rues de Nancy. Laurent est un vélorutionnaire. Pour lui, le vélo est un « outil de travail », il l’utilise tous les jours pour se rendre à son bureau à la mairie. Tout comme lui, deux à trois cents personnes, s’étaient donné rendez-vous sur la ligne de départ. « Le but c’est de convaincre dans la bonne humeur », explique le cycliste, « que le vélo est un mieux en terme d’impact sur l’environnement et la santé et de pointer du doigt les problèmes à Nancy. » Au programme, un circuit à travers l’agglomération devait conduire ces cyclistes d’administration en administration, pour inciter les décideurs locaux à développer les aménagements pour ces usagers à deux roues. CAF, conseil général où ils ont été reçus par Nicole Creusot, cité judiciaire, CUGN, CPAM, Maison de l’emploi, cité administrative et enfin place Stanislas sous les fenêtres du maire pour lui réserver un concert de sonnettes.
Sollicitation légitime Sollicitées par courriers, ces administrations publiques n’ont pas toutes répondu favorablement à la demande des organisateurs de la vélorution. Seul le conseil général s’est plié à l’exercice. C’est Nicole Creusot, en qualité de vice-présidente du conseil général qui a accueilli les cyclistes. Comme l’explique la conseillère générale : « ils sont venus vérifier par eux-mêmes l’accessibilité des lieux, le revêtement, la possibilité d’accrocher leurs vélos, le type d’arceau, leurs espacements. » Habituellement, cette administration est fermée le samedi après-midi, toutefois, les grilles ont été spécialement ouvertes pour l’occasion. « Je suis moi-même une cycliste », souligne Nicole Creusot, « et au conseil général, nous sommes partie prenante des préoccupations de ces usagers de la route. C’est pourquoi il m’a semblé légitime et normal de les accueillir. » Sur les remarques observées par les vélorutionnaires, l’élue a assuré que le conseil général en tiendrait compte.
Manque de continuité Cette opération était aussi l’occasion de rappeler aux automobilistes de faire attention à ces usagers de la route vulnérables, et de montrer les atouts de Nancy pour adopter le vélo. Les organisateurs, avant le départ, n’ont pas manqué de critiquer les promesses non tenues de la CUGN en matière d’infrastructures et en particulier la lenteur avec laquelle les pistes cyclables sont étendues, leur manque de continuité quand Elles existent, et les problèmes de sécurité de certains itinéraires. Pour Serge Herbuvaux, membre de l’association Eden, « Le projet en mars prochain de la CUGN de créer un service de location de vélo à Nancy, à l’instar de Vélibe à Paris ou Vélove à Lyon est une véritable aberration compte tenu de l’état actuel du réseau cyclable. » En cette semaine européenne de la mobilité dont le but est de promouvoir des solutions de transports alternatives, le message ne peut mieux passer.
Nordine BOUAYAD
Vélorution reçue aussi par la CUGN (Est républicain lundi 24)
Les cyclistes étaient venus tester l’accessibilité des administrations publiques. Samedi, Jean-Louis Thiebert a également reçu les vélorutionnaires au nom de la CUGN, contrairement a ce qui était mentionné dans l’article " Ça déraille "paru dans l’édition du 23 septembre. C’est à bicyclette que le délégué à la politique vélo de la CUGN est allé les accueillir et leur faire lecture de la lettre du président de la communauté urbaine, pour rappeler la présentation d’un plan novateur de promotion du deux-roues pour le Grand Nancy le 14 septembre dernier aux associations concernées. Cet accueil intervenait dans le cadre d’une demande par le comité Vélorution, de tester l’accessibilité des administrations publiques nancéiennes, à laquelle toutes n’ont pas répondu favorablement. Sauf le conseil général et la CUGN désormais.
Nordine BOUAYAD
