En l’état des (faibles) aménagements cyclables dans l’agglo et des (non) choix politiques, face à la réticence de nos décideurs locaux de réellement réduire la place de l’automobile dans le partage de l’espace public dévolu aux divers modes de déplacements, il est grand temps de dénoncer les absurdités ou d’accélérer un processus de modernisation tardant à voir le jour.
Première "Vél’irruption", demain samedi 15 novembre après-midi, sur la voie du tram pour faire reconnaître enfin le droit de se déplacer à vélo sur ce site propre, suite aux récents propos déplacés et révoltants de M. Gérard Royer (C.U. Grand Nancy) affirmant que « Le parcours du tram est interdit aux cyclistes ! » et de promettre « plus de verbalisation s’il le faut ».
En file indienne sur la voie du tram, de la rue de la République au Quai Sainte-Catherine, quelques cyclistes bien visibles rappelleront l’évidence d’autoriser les vélos à se déplacer sur ce site propre, car :
La cohabitation des cyclistes avec les tramways sur des espaces réservés permet d’optimiser l’usage de l’espace public et assure la continuité et la lisibilité du réseau cyclable
La présence de cyclistes dans les sites propres n’est pas régie par le code de la route mais par le code général des collectivités territoriales, article L. 2213-2 (arrêté du maire eu égard aux nécessités de la circulation)
La récente cohabitation à Nancy des bus en site propre et des cyclistes trouve naturellement son prolongement sur les voies d’un tram nancéien qui n’est en réalité qu’un trolleybus en site propre et qui ne représente, par conséquent, pas plus de danger pour les cyclistes que l’autobus
La loi sur l’air (du 30 déc. 1996) dans son article 20 prévoit que toute rénovation de voirie doit faire l’objet d’un aménagement cyclable. Cette loi ayant été bafouée sur la quasi-totalité du parcours du tram, il est plus que légitime d’y accueillir aujourd’hui les cyclistes, plutôt que de renforcer la répression à leur égard. A défaut, il conviendra de traiter un itinéraire cyclable en parallèle et dans les deux sens de circulation.
Tant qu’il n’y aura pas de véritable volonté politique en faveur d’un mouvement croissant des déplacements doux, on en restera effectivement aux effets d’annonce et autres « coups » publicitaires de nos politiques... comme « VelOstan’lib », ou la zone 30 indigne à Nancy de porter le nom d’un tel aménagement.
