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"Libération", mardi 12 avril 2005
A Rome, la pollution fait marche arrière dans la zone rouge
mardi 12 avril 2005, par PhC
Le plan de la capitale italienne, dont Paris s’inspire, n’autorise la circulation qu’aux résidents du centre.

Fermeture du centre historique, circulation alternée, interdiction totale d’utiliser son véhicule durant certains jours de l’année... Le Capitole, siège de la mairie de Rome, est parti en guerre contre les nouveaux barbares qui menacent la cité éternelle. Alors que près de 2,5 millions de voitures circulent dans la capitale, l’administration communale dirigée par le démocrate de gauche Walter Veltroni multiplie les initiatives pour faire face aux pics de pollution.

Depuis plus de dix ans, le centre historique, allant des forums romains à la piazza del Popolo, a ainsi été totalement bouclé au trafic. Dans ce périmètre de 4,5 kilomètres carrés, seuls les 20 000 résidents peuvent y circuler en voiture ainsi que les automobilistes (30 000) qui, en échange d’un permis annuel d’environ 400 euros, ont le droit d’y pénétrer. Depuis l’entrée en vigueur de la zone rouge, le niveau de pollution a diminué de 25 % dans la capitale. Un résultat notable mais bien loin des critères imposés par l’Union européenne. Régulièrement, les seuils fixés au niveau communautaire sont dépassés obligeant la municipalité à recourir à des mesures encore plus drastiques. Plusieurs jours par an, l’administration est ainsi contrainte d’imposer une circulation alternée. Dans l’ensemble de la ville, seuls les véhicules portant des plaques d’immatriculation paires ou impaires sont ainsi autorisés à circuler. Mais, là encore, ces restrictions n’ont pas permis de résoudre définitivement la question. Nombre de familles italiennes ayant désormais deux véhicules, le système des plaques alternées ne permet d’abaisser le niveau de pollution que d’environ 20 %.

« Ces mesures sont importantes mais ponctuelles, elles ne constituent pas une véritable solution », admet-on à la mairie qui demande au gouvernement de prendre à son tour des mesures énergiques en interdisant par exemple les vieux deux-roues qui contribuent fortement à la pollution, nombre de Romains ayant troqué la voiture pour une Vespa ou une motocyclette. Pour l’heure, la majorité municipale de centre gauche a refusé de prendre exemple sur Londres qui a institué un véritable système de péages à l’entrée de la métropole. « Il y a deux courants de pensée : faire payer l’accès aux villes, comme à Londres, ou réduire les zones de circulation autorisées, résume l’adjoint au maire Mario Di Carlo, nous avons choisi le second. Londres a certes fait des miracles en la matière, mais cette solution pose un problème d’équité : pour les citoyens les plus riches, payer un péage ne constitue pas un problème. » Dans ce contexte, le Capitole a annoncé son intention de réduire ultérieurement les périmètres de circulation. Progressivement, les zones piétonnes sont élargies et le nombre d’autorisations exceptionnelles réduit.

Par ailleurs, un gigantesque parking devrait prochainement être mis en chantier sous les jardins de la villa Borghese, à l’entrée nord du centre historique. Les résidents qui ne disposent pas d’un garage devront obligatoirement y laisser leur véhicule et ne pourront plus stationner dans la zone à trafic limité.

http://www.liberation.fr/page.php ?Article=288991
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