
22 septembre 2003 : la journée « Sans ma voiture en ville » s’achève. A 18 heures, les quais de la Seine doivent être rendus à la horde habituelle de voitures traversant Paris d’Ouest en Est. Mais, alors que la police ouvre les vannes, quelques cyclistes déploient pacifiquement une banderole en travers de la voie Georges-Pompidou et maintiennent le blocus quelques minutes de plus. Avec cette action spectaculaire, la Vélorution entre dans Paris et définit les bases de son action : défense du vélo et lutte contre l’emprise automobile, non violence et interpellation publique.
D’abord fédéré-e-s autour d’une liste électronique de discussion, les premièr-e-s vélorutionnaires commence alors à organiser des manifestations cyclistes sur le modèle des Critical Mass américaines. Chaque premier samedi du mois, les cyclistes se retrouvent place du Châtelet pour « faire masse », affirmer leur présence et leurs droits dans la ville et porter un certain nombre de revendications : création d’équipements cyclables sûrs et bien adaptés, restitution de l’espace public accaparé par la circulation motorisée, renforcement des mesures de lutte contre les pollutions, dénonciation de l’« idéologie automobiliste », sensibilisation du public aux méfaits de l’organisation actuel des transports sur l’environnement mais aussi sur la vie quotidienne de toutes et de tous.
Rapidement, d’autres collectifs vélorutionnaires se forment dans différentes villes françaises, chaque groupe gardant une totale autonomie par rapport aux autres. Derrière la bannière de la Vélorution ils défendent pourtant tous plus les mêmes valeurs : responsabilité individuelle et collective, convivialité et autonomie. Actuellement, il y a un groupe vélorutionnaire actif dans plus d’une quinzaine de villes. Le site www.velorution.org leur sert de portail commun.
A Paris, le rendez-vous mensuel est le 1er samedi du mois à 14h. place du Châtelet. A chaque fois, la manifestation cycliste porte sur un ou des thèmes, soit directement liés au cyclisme urbain, soit plus généraux d’écologie urbaine : défense du projet de Réseau Vert, dénonciation des pistes cyclables sur les trottoirs, demande de respect du protocole de Kyoto, problèmes de risques liés à l’incivisme des scooters et des motos, création d’un quartier authentiquement écologique à Paris, continuité de l’itinéraire cyclable le long des nouvelles lignes de tramway, etc.
En complément à cette manifestation qui tire sa force de sa régularité, Vélorution Paris utilise tous les moyens disponibles pour sensibiliser le public à ses messages et faire avancer ses revendications : elle rencontre régulièrement les pouvoirs publics, elle s’exprime fréquemment dans la presse et elle organise, en fonction de l’actualité, des opérations exceptionnelles.
Pour Vélorution, une autre ville est possible. Une ville construite par et pour ses habitants et ses habitantes. Une ville qui ne serait pas lacerée et disséminée par ses voies de transport. Une ville sûre et conviviale. En somme, une ville libérée de la contreproductivité des véhicules à moteur, ces « moyens de transports » qui finalement nous paralysent.