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Depuis plusieurs années le nombre de deux roues motorisés est en forte augmentation à Paris. Pourtant, comme le note le CNT ( Conseil National des Transports ), « si le deux roues motorisés n’a que des avantages pour son utilisateur, il n’a que des inconvénients pour les autres ».
Bruit tout d’abord, chacun citadin le subit. Invasion de l’espace ensuite. Le deux roues motorisé revendique volontiers qu’il « prend moins de place qu’une voiture ». Hélas il ne prend pas cette place aux voitures sur la chaussée, mais bien souvent sur les trottoirs, sur les places publiques, les zones piétonnes, pour circuler ou stationner des jours entiers. Le deux-roues motorisé annonce le retour de véhicules dangereux, bruyants et pollueurs dans des espaces desquels la voiture a été bannie.
Car pour la pollution, le rapport 2007 de l’ADEME est sans ambiguité « les 2 roues motorisés s’avèrent plus polluants que les voitures pour les polluants locaux », donc malsain pour les citadins en premier.
Mais dangereux aussi pour le cycliste. Le deux roues motorisés est d’abord un motorisé pressé, converti au « deux roues » pour satisfaire une cause : la vitesse. La vitesse d’abord, si il le faut en envahissant les couloirs de bus, en préemptant les pistes cyclables, en annexant les trottoirs de bus. En 2006, sur 6000 accidents de deux roues motorisés, 300, soit 20% ont eu lieu dans les couloirs de bus. Victime autoproclamée des voitures, le deux roues motorisés ne semble pas avoir conscience du danger qu’il représente pour les plus faibles, piétons et cyclistes.
Dès lors, le deux roues motorisés est doublement néfaste : par ses nuisances directes d’abord, mais aussi par le découragement qu’il suscite chez des cyclistes potentiels, entretenant ainsi un spirale infernale.







Charte des deux-roues motorisés bafouée : Paris doit inventer une nouvelle urbanité !


autre suggestion pour le titre, avec un sous-titre :

Charte des 2RM à Paris : promesses intenables et marché de dupes


Au lieu de céder aux lobbies, la Mairie devrait lutter contre la violence routière. Une seule solution : un code de la rue élaboré avec tous les usagers.

Le 19 mars 2007, les associations représentant les motards et la Mairie de Paris ont signé en grande pompe la Charte des deux-roues motorisés. Un mois après, jour pour jour, l'observation dans les rues de Paris montre que cette Charte est bafouée !

Vélorution appelle la Mairie, la Préfecture de Police et l'ensemble des associations concernées à engager une discussion globale sur l'usage de la voirie, à rédiger les règles d'un nouveau code de la rue et faire ainsi de Paris une ville pionnière en terme de nouvelle urbanité.

En élaborant une réglementation spécifique pour cette catégorie de véhicules motorisés, la Charte prétendait apporter une réelle amélioration du comportement des motos et des scooters. Pourtant, la vérification collective proposée aux cyclistes par Vélorution le 19 avril 2007, permet d'apporter une conclusion définitive : les deux roues motorisés ne respectent pas la Charte, notamment pour son article 3.2.1. qui recommande aux 2RM "De ne pas circuler sur les aménagements cyclables. De ne pas les utiliser", et continuent à avoir des comportements dangereux et intimidants envers les usagers de la voirie plus vulnérables qu'eux.

Que ce soit quai saint-Michel à 8h30, boulevard Magenta à 9h, rue de Turbigo à 10h, les photos prises par Vélorution ce jeudi 19 avril montrent des pistes cyclables cannibalisées par les 2RM, au mépris du code de la route, des règles de sécurité les plus fondamentales et des termes de la Charte signée entre la Ville de Paris et les associations de 2RM.

Cette Charte, qui a été présentée comme un donnant-donnant, se révèle en fait un marché de dupes. Les promesses des associations sont intenables et invérifiables. La Ville de Paris a fait des concessions au seul profit des 2RM, sans obtenir en retour une véritable amélioration de leur comportement. En s'engageant dans cette démarche catégorielle et partielle, la Ville a sacrifié l'intérêt général de l'ensemble de la population parisienne et ouvert la voie à une sur-enchère sans fin des différents types d'usagers de la voirie.

Vélorution demande donc à la Mairie de Paris et la Préfecture de Police de s’engager immédiatement dans une large discussion avec les représentants de l’ensemble des usagers (piétons, personnes à mobilité réduites, rollers, cyclistes, deux roues motorisés, automobilistes, transporteurs, etc.) afin d’élaborer une authentique politique des transports à Paris, fixant des priorités claires et proposant des solutions techniques et réglementaires réalistes pour les atteindre. Plutôt que des chartes catégorielles, Paris doit s'engager dans une démarche du type "Code de la rue" et inventer ainsi un nouveau modèle urbain.